
Ise Jingu
Aujourd'hui, j'ai eu la chance inouïe de me rendre dans l'un des trois temples piliers du Japon ! J'ai pu visiter le magnifique Ise Jingū, situé dans la préfecture de Mie, voisine de celle d'Aichi.
C'est un moment magique de l'année, où les rues s'illuminent et où les Japonais se rendent en masse pour exprimer leur gratitude envers les divinités et formuler des vœux pour l'année à venir. Cette visite est vraiment quelque chose ! Ise Jingū est le sanctuaire shinto le plus sacré du pays, et ça, c'est tout simplement incroyable !
Ise Jingū, un lieu sacré d'une beauté à couper le souffle, a été fondé il y a plus de 2 000 ans ! Ce temple est dédié à Amaterasu Ōmikami, la déesse du Soleil, une figure centrale du shintoïsme et l'ancêtre mythique de la famille impériale japonaise. Elle incarne la lumière, la vie et l'harmonie, et occupe une place fondamentale dans la spiritualité japonaise.
Le sanctuaire est un endroit absolument fascinant, connu pour sa tradition unique et impressionnante. Tous les 20 ans, ses bâtiments sont reconstruits à l'identique lors du rituel du Shikinen Sengū, ce qui est une occasion vraiment rare de découvrir un patrimoine architectural toujours vivant. Ce cycle est l'incarnation même du renouveau perpétuel, de la transmission du savoir-faire ancestral et du respect de la nature, valeurs si profondément ancrées dans la culture japonaise.
Visiter Ise Jingū, c'est une expérience incroyablement enrichissante qui va bien au-delà d'un simple pèlerinage ! C'est une véritable immersion dans l'âme vibrante du Japon, où spiritualité, histoire et nature ne font qu'un dans une harmonie parfaite.
Nous sommes partis de Nagoya en direction d'Ise, dans la préfecture de Mie, et ce fut un voyage absolument incroyable ! Après près de deux heures et demie de route, nous sommes enfin arrivés à destination.
C'est la période la plus festive de l'année, et ça se voit ! Il y a du monde, du monde, du monde ! Les routes sont noyées sous un flot de circulation, et même pour accéder aux parkings, il faut se faufiler dans des files d'attente interminables.
L'atmosphère est tout simplement magique, électrique, captivante. On sent que ce déplacement est un moment important, spécial, un moment pour clore l'année, pour prendre un moment pour soi, pour marquer une transition. Malgré l'attente et le froid, personne ne semble pressé, tous sont ravis de se retrouver. Le temps ralentit, comme si le voyage faisait déjà partie du rituel, et c'est une sensation enivrante.
![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
|---|---|---|---|
![]() |
Avant d’atteindre le sanctuaire, on traverse une grande allée marchande animée, bordée de boutiques de souvenirs et de restaurants traditionnels. C’est un véritable festival pour les sens : odeurs alléchantes, étals gourmands, objets artisanaux… Il y a de quoi perdre la tête — et son argent. Petit conseil pratique : pensez à prendre des espèces, car de nombreux commerces n’acceptent pas la carte bancaire.
Cette promenade fait pleinement partie de l’expérience et prépare doucement à l’atmosphère spirituelle du lieu.
![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
|---|---|---|---|
![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
L'entrée du temple est gratuite et il ouvre à 5 h. Je vous conseille d'y aller le plus tôt possible, surtout en fin d'année, pour éviter la foule et profiter de l'ambiance du lieu.
Le parcours se fait en extérieur, au milieu de la nature. On passe sous le premier portail en entrant. Avant de le traverser, on s'arrête pour faire une première révérence, un geste simple mais important pour montrer notre respect aux dieux.
Nous traversons ensuite le pont. À partir de ce moment, quelque chose change. Le bruit diminue, l'air semble différent, et on a vraiment l'impression de quitter le monde ordinaire pour entrer dans un espace calme et sans temps — le monde des dieux.
Après avoir traversé le pont, nous commençons notre parcours et je suis intriguée par ces grands barils alignés sur le côté de l'allée. Il s'agit en réalité de barils de saké, gracieusement offerts par des brasseries venues de tout le Japon. Ce saké n'est pas destiné à être consommé sur place : il est présenté comme une offrande aux divinités, symbole de pureté, de gratitude et de prospérité. Le saké joue un rôle essentiel dans les rituels shinto, car il est considéré comme un lien entre les dieux et les hommes.
Si vous me le permettez, je souhaiterais partager avec vous mon admiration pour la beauté des jardins japonais qui entourent le sanctuaire. Les arbres majestueux, le gravier soigneusement entretenu et l'atmosphère paisible donnent l'impression que le temps ralentit. Si vous me le permettez, je pense sincèrement que je ne me lasserai jamais de ces paysages à la fois apaisants, élégants et profondément ressourçants.




Avant de continuer, il faut se purifier en se lavant les mains. Il y a bien évidemment un sens à ce rituel. On prend la hishaku, la louche en bois, avec la main droite, on verse de l’eau pour laver la main gauche, puis on change de main pour laver la droite. On lave ensuite à nouveau la main gauche, on prend un tout petit peu d’eau pour se rincer la bouche, puis on laisse l’eau couler le long du manche afin de purifier la hishaku avant de la reposer.




Une dernière porte, une dernière révérence, et on arrive devant le temple. Le parcours a plusieurs portes à traverser, l'une après l'autre. Cette lente progression nous invite à l'humilité, car nous sommes petits face à la nature et au lieu sacré.
Nous prenons quelques dernières photos avant de monter les marches menant au temple pour prier.
À ce moment-là, je vous explique comment se déroule la prière.
Généralement, on offre une pièce de 5 yens, considérée comme symbolique et porte-bonheur. Cependant, j’ai aussi vu plusieurs personnes donner des billets, ce qui semble assez courant en fin d’année, période durant laquelle on vient avant tout remercier les dieux pour l’année écoulée.
Une fois la pièce donnée, on s’incline, puis on frappe deux fois dans les mains afin d’attirer l’attention des divinités. On prend ensuite un moment pour exprimer sa gratitude ou formuler une prière, avant de conclure par une dernière inclination, en signe de respect.
Après avoir prié, beaucoup de Japonais achètent un o-mamori. Il s’agit d’un porte-bonheur que l’on garde sur soi, dans un sac ou accroché à ses clés. Chaque omamori est conçu pour protéger ou apporter de la chance dans un domaine précis de la vie.
Il en existe pour la santé, l’amour, la réussite scolaire, le travail, les voyages ou encore la sécurité. Ils sont généralement bénis au sanctuaire et sont valables pour une durée symbolique d’environ un an. Passé ce délai, il est recommandé de les rapporter au temple afin qu’ils soient respectueusement rendus aux divinités.
C’est un geste simple, mais profondément ancré dans la culture japonaise, mêlant foi, tradition et espoir pour l’année à venir.
De retour dans la rue commerçante, alors que nos estomacs commençaient sérieusement à crier famine, nous avons décidé de nous arrêter dans un restaurant proposant la spécialité locale : les Ise Udon.
Contrairement aux udon que l'on trouve dans d'autres régions du Japon, les Ise Udon se distinguent par leurs nouilles très épaisses et particulièrement souples, presque fondantes. Leur texture peut surprendre au premier abord, car au Japon, la texture des nouilles varie beaucoup selon les préfectures, chacune ayant sa propre tradition.
Nous avons goûté deux versions : une version classique, avec bouillon, riche et savoureuse, et une version udon yaki, des udon sautés à la poêle, légèrement grillés, souvent accompagnés de sauce et de garnitures.
Les deux plats étaient excellents, mais j'avoue avoir eu un véritable coup de cœur pour la version avec le bouillon. Son goût profond et généreux imprégnait parfaitement les nouilles, leur donnant une saveur intense et réconfortante, parfaite après une longue balade.
Après ce délicieux repas, nous sommes repartis pour une petite balade à travers les nombreuses boutiques de souvenirs. J’ai tout de suite craqué pour une paire de boucles d’oreilles Pompompurin. Elles n'ont aucun rapport avec Ise ou le sanctuaire, puisqu’il s’agit d’un personnage de Sanrio, mais elles étaient tellement mignonnes que je n’ai pas pu résister.
Il me les a offertes et, depuis, je les porte un peu comme un omamori, ces petits porte-bonheur japonais dont je vous ai parlé plus haut.
Nous avons ensuite fait un tour dans la boutique Snoopy. Tout y était incroyablement mignon, au point que j'avais envie d'acheter tout ce que je voyais. Ils proposent également un petit café — en réalité un comptoir à emporter — et tout avait l’air absolument délicieux.
Pendant quelques minutes, nous nous sommes laissés envelopper par l’atmosphère d’un magasin rempli de pierres et de roches aux formes et aux couleurs infinies. Certaines étaient transformées en délicats mini-bijoux, tandis que d'autres étaient exposées à l'état brut, comme si elles venaient tout juste d'être extraites de la terre. La lumière se reflétait sur les surfaces polies, faisant scintiller les cristaux et révélant des nuances profondes, tantôt douces, tantôt éclatantes.
Il régnait dans ce lieu une énergie particulière, presque apaisante, qui incitait à ralentir et à observer. Entre les reflets, les textures et les vibrations des pierres, le magasin avait quelque chose de profondément magique et captivant. Je n’ai pas pu m’empêcher d’immortaliser ces instants à travers quelques photos, comme pour emporter un peu de cette atmosphère avec moi.
Avant de partir, nous avons fait un dernier arrêt gourmand pour goûter une autre spécialité emblématique d’Ise : Akafuku (赤福). Il s’agit d’un wagashi, une pâtisserie traditionnelle japonaise composée d’un mochi moelleux recouvert d’une pâte de haricots rouges sucrée (anko). Sa forme ondulée n’est pas anodine : elle représenterait le cours de la rivière Isuzu, qui traverse Ise, tandis que le mochi symbolise les galets du lit de la rivière.
Nous avons savouré cet Akafuku accompagné d’un matcha délicieusement parfumé, légèrement amer, qui venait parfaitement équilibrer la douceur du dessert. Prenant des cours de cérémonie du thé, je n’ai pas pu m’empêcher de reproduire les gestes que j’y ai appris, savourant ce moment avec encore plus d’attention.
Le café est directement relié à une boutique où l’on peut acheter leurs wagashi à emporter, joliment présentés. L’intérieur, quant à lui, est décoré dans le style typique d’un salon de thé japonais : une atmosphère sobre et chaleureuse, faite de bois, de lignes épurées et d’une ambiance paisible, idéale pour conclure cette visite en douceur.
Une escapade d’une journée, simple et sincère, rythmée par de petits instants précieux… et des souvenirs que nous chérirons longtemps.



































































